Publié le 03/11/2009 à 09:54 par psychopitre
Certains soirs, en consultations de psychiatrie publique, l'ambiance est un peu celle de la cour des miracles...
Le miracle, précisément, est de parvenir à maintenir le bon déroulement de la salle d'attente, surtout quand elle est pleine et que le psychiatre de garde a beaucoup de retard!
Ce soir-là, tout avait mal commencé; la grande Lise, patiente bien connue du service, voulait voir son psy qui était parti...elle est en proie à ses voix et s'est barbouillée de crème nivéa (la seule qui la protège de ce qu'elle nomme "ses meilleurs ennemis"; elle a toujours des formules bien à elle...dans le coin, deux jeunes patients en urgence externe s'impatientent (ce qui est le rôle des patients!) un autre, ivre, tape dans les chaises...
Comme toujours dans ces moments d'orage en préparation, je me pointe avec mon plateau de rafraîchissements, comme une ancienne ouvreuse avec sa corbeille d'esquimaux!
Et le psy qui n'arrive toujours pas...les embouteillages? ok, mais ils sont aussi dans la salle d'attente!
C'est dans cette joyeuse ambiance que choisit mon plus grand mystique de débouler en trombe...il s'agenouille au milieu de la pièce, et commence une prière à haute voix...
Un instant interloqués, les autres s'agitent; ce qui m'oblige à extirper mon croyant des griffes des mécréants...
Alors, la grande Lise me regarde et dit calmement "mais il est fou"!! si c'est pas du bon sens, ça!
C'est le caractère drolatique qui émane de la souffrance psychique, des êtres que le cerveau a trahit; un combat qui est loin d'être terminé...
Publié le 25/10/2009 à 10:07 par psychopitre
Chaque arrondissement de Paris ou presque( on resserre, économie oblige) a un CMP avec des consultations gratuites; en raison de la situation socio-économique, les patients sont moins hospitailsés, et la crise se gère de plus en plus en ambulatoire; lieu peu habilité pour cela, en raison du nombre de consultations multiples, et du manque de place pour isoler les gens en état de crise aigue. En psychiatrie, nous sommes confrontés à plusieurs formes de crises, dont certaines sont imprévisibles, comme la crise dite "clastique", où en une seconde, vous prenez le téléphone dans la tronche, ou le bureau sur les pieds, sans l'avoir vu venir!
Ce jeune patient, toxicomane, caractériel et manipulateur(association de symptômes pléonastiques!) arrive à l'ouverture, entraînant dans son sillage un jeune psychotique très vulnérable, admirateur sans borne de son nouvel ami 'caîd"; ils ont passé la nuit à sniffer, leurs pupilles dilatées en témoignent; notre bonhomme commence à agresser verbalement une patiente en salle d'attente, cherchant visiblement le conflit...et le ton monte...
En psychiatrie, la gestion de la crise nécessite un consensus de réponses adaptées; or, il suffit d'un seul membre qui dérape pour provoquer le clash; ce que le bonhomme espère, d"ailleurs!
Le patient réclame des anxiolitiques immédiatement, sinon, il"pète la porte vitrée"; aucun des psychiatres sont encore là; nous sommes deux à encadrer le patient, et lui proposons d'entrer dans un bureau...
Il commence à hurler des insultes classiques saupoudrées d'un vocabulaire fleuri...
Règle numéro un: ne pas montrer que l'on a peur...prévoir le passage à l'acte, mieux: tout faire pour l'éviter;
question d'expérience, de stratégie et d'un peu de psychologie(sic)! ça ne marche pas à tous les coups!
Entendant des éclats de voix, la cadre de santé(anciennement nommée surveillante!) sort de son bureau...une charmante femme au demeurant, qui "a fait l'école des cadres" donc compétente(...) de l'expérience, surtout dans la gestion des navettes des congés du personnel!...
"Monsieur, je vous ordonne de vous arrêtez, où vous croyez-vous?
La réponse est évidente: chez les dingues, connasse!! et de la pousser en arrière; le clou n'est pas assez solide pour maintenir le cadre que je récupère de justesse dans mes bras (geste purement professionnel et en situation) pendant que notre bonhomme donne de violents coups de pieds dans la porte, soulève une chaise et la balance dans la vitre qui éclate en mille morceaux:
Je souffle à la dame de rentrer dans son bureau et d'en profiter pour appeler la police; tandis que la psychiatre du patient arrive, je le reçois avec elle, son passage à l'acte l'ayant un peu calmé...il l'aura son anxyolitique, en piqûre, juste avant d'être hospitalisé par la police.
Le management est de plus en plus anxiogène, et l'incompétence, ce n'est pas nouveau; c'est toujours dommageable, particulièrment dans un univers spécialisé...
Sans l' intervention malheureuse de la grande chef, aurait-on pu éviter le clash? possible, ça partait bien! j'ai conseillé à la dame d'aller vendre de la lingerie aux Galeries Lafayette; elle qui est toujours si élégante...
Pas facile de gérer la crise, tous ceux qui travaillent dans l'univers concentrationnaire le savent bien; n'empêche, c'est un métier...
Publié le 23/10/2009 à 15:18 par psychopitre
"Quand j'étais petite, jamais personne m'a raconté une histoire avant de m'endomir comme toutes les petites filles; j'ai toujours connu ma mère couchée; toujours malade, mon père est parti, j'avais deux ans; c'est ma grand-mère maternelle qui m'a élevée, elle ne m'aimait pas beaucoup...qu'est-ce que t'as été pondre ça, qu'elle disait à ma mère, sa fille unique..;
Alors moi, je m'en suis raconté toute seule des histoires, des tas; plus belles, plus magiques, je n'ai jamais manqué d'imagination: ça m'a joué de sacrés tours!
A Noêl, je n'avais jamais de jouets; je me souviens, je restais assise sous le sapin, à regarder les boules briller, et je l'attendais...mon jouet! je sais que ça ressemble à un mauvais roman ma vie, c'est pourtant la vérité...oh je ne me plains pas; mais je me suis offert de sacrées désillusions! des princes charmants, j'en ai rencontré des dizaines...dès l'âge de quinze ans; ma grand-mère me traitait de traînée; et elle était contente de faire pleurer ma mère;...chouette ambiance, hein?
Ah ça, tous plus beaux à chaque fois, et tous plus tordus, les lascars!; immatures, capricieux... un toxico, un alcoolo, un psychopathe violent...faut dire que je n'étais pas mal!...et à chaque fois bien entendu "folle amoureuse"; c'est quand j'ai pris ma première paire de claques par un homme, que me suis décidée à consulter...et en même temps, j'ai fait ma première tentative de suicide...
Je ne me suis jamais prostituée, mais je me sens si proche de ces femmes-là...j'ai eu ma période alcool dans un bistrot à filles, je les comprenais si bien...
Combien de temps qu'on se connaît? dix ans, pas loin...je me souviens de votre première phrase;" je vous fais confiance; vous parviendrez un jour à vous positionner face à l'autre sexe, pour vous faire enfin respecter"...merci encore : cette phrase ne m'a jamais quittée...au moins aujourd'hui, je crois que je ME respecte, c'est déjà pas si mal...et puis vous savez, je l'aime bien cette petite fille qui croyait au prince charmant, elle a aujourd'hui quarante quatre ans, elle préfère encore voir descendre le prince du carrosse qu'une citrouille...la citrouille, je sais bien qui c'est...!
Ainsi me parlait une patiente fine, sensible, touchante, que je pense avoir aidée, en tous cas, avec plaisir...je la revois de temps en temps; elle a toujours ce sourire figé, avec une petite bruine au fond des yeux...
Publié le 21/10/2009 à 09:59 par psychopitre
La parole est féminine, et c'est encore les femmes qui consultent le plus en psy; même si la tendance s'inverse un peu avec la génération des trentenaires...
Ce matin-là, dès l'ouverture du CMP, un homme, la cinquantaine fatiguée, élégant, faciès marqué, serviette en cuir, gant de peau, piaffe d'impatience dans la salle d'attente; iil n'a pas rendez-vous. alors que je viens chercher mon patient, monsieur passe devant moi et entre dans le bureau...
"Je suis très pressé, j'en ai pour cinq minutes"
Je ne crois pas, monsieur; toute personne qui arrive dans ce lieu pour la première fois, en a environ pour une heure...
"Je viens pour faire plaisir(sic) à mon médecin généraliste; malgré tous les examens, il ne trouve rien, il prétend que j'ai besoin d'un soutien psychologique...admettons; mais que pouvez-vous m'apprendre que je ne sache déjà?!
ça commence très mal: monsieur est debout sautant sur un pied, tendu à l'extrème, et devant mon silence, me hurle; Alors?!
Alors, vous n'avez pas rendez-vous, mais vous pouvez tout de même vous asseoir, vous pouvez ôter votre imper, poser votre serviette, et vous pouvez aussi...pleurer!!
Merde, pas très thérapeutique, ça mon vieux, me dis-je in petto!
Quoi? hurle à nouveau cet homme dépassé...et d'éclater en sanglots; des hoquets de douleurs refoulées depuis des années et des années..
Puis, se calme:
Je ne comprends pas; j"ai juste un petit problème avec l'alcool...une addiction pour tenir...
Les mots justes...(c'est mieux!) et ensuite?
Oh, les soucis de tout le monde: ma femme est morte d'un cancer il y a un an, ma fille a fait une tentative de suicide il y a un mois, et mon fils est parti s'installer en province, il est au chômage... je suis chef d'entreprise, débordé...débordé...tellement de boulot!
En effet, monsieur, le mot juste!...débordé...
J'ai tendance à boire un peu plus en ce moment...
Ingénieur agronome, sensible, intelligent; dans une extension éducationnelle du "tout va bien": j'ai réussi, je gagne très bien ma vie, et dirige une équipe qui me fait confiance...
Ce qui compte, c'est que vous êtes là...si vous permettez, je vais très humblement vous apprendre à "lâcher"...
Silence..."
Je vois"..;vous savez , je n'ai jamais trompé ma femme...
Bon début, cher monsieur, mais peut mieux faire! un rendez-vous?
Neuf mois, deux fois par semaine; une gestation qui déborde, il était temps de "lâcher"...il a même accepté de payer un psychanalyste...payer, c'est à moitié guérir, air connu!!
Publié le 16/10/2009 à 16:38 par psychopitre
Les gens raisonnables n'ont pas d'histoire, a écrit Baudelaire;
Les gens déraisonnables sont en voie de disparition, a ajouté Peter Handk...je sais ça fait prétentieux de faire des citations!
La déraison a pourtant plusieurs raisons d'être! de la fantaisie à la folie: un éventail aussi large que subtil; et l idéal serait sans doute de se situer au milieu...
Dans une société anxiogène, lisse, le politiquement correct est de mise renforcé par les interdits; aussi trouve-t-on toutes sortes de réponses mal adaptées: du retrait à la parano.
L'humour est une arme infaillible pour lutter contre la morosité ambiante...mais quel humour? c'est un métier,..
Et puis il y a l'autre déraison: de ceux qui ont perdu la raison, et qui savent confusément qu'ils n'ont pas raison de penser "ça" mais la déraison est la plus forte: celle-là se soigne, jusqu'à en avoir raison...
"Je sais bien que je suis fou, me disait un patient entre deux bouffées délirantes.
Moi aussi, lui répondis-je...
Ah bon? parce que vous avez volé une boîte de sardines au super marché?
Qu'est-ce que vous racontez?
Que vous pourriez le faire; vous avez juste de fantaisie pour ça, mais pas plus! tandis que moi, hein...ça déconne sec là-dedans! et vous savez bien que j'ai raison!
La seule déraison qui appartient à la sagesse...
Publié le 13/10/2009 à 14:32 par psychopitre
Près de quaurante années passées au coeur de la maladie mentale et aux côtés de ceux qui en souffrent, m'ont toujours inspiré qu'un maître mot: l'enfer:
"Tu es né poussière et redeviendra poussière'; et entre temps tu porteras ta croix...plus ou moins lourde;
La maladie mentale est une croix trop souvent importable face à la vie quotidienne..
L'important est de profiter des instants d'éclaircie dans cette vallée de larmes, pour celui qui sait regarder, dans l'urgence du moment; c'est peut-être ça la définition du bonheur: profiter du moment...le photographier pour en faire un souvenir...
Voilà bien le drame de la maladie mentale qui embolise le quotidien, qui fait perdre le temps, les chances et l'ouverture aux autres; comment imaginer qu'un être qui délire puisse "profiter du moment" ? il se perd de vue et oublie de vivre...
J'ai souvent ajouter au sérieux de la pratique de la profession, une dédramatisation indispensble et objective pour justement faire profiter des moments;
il y a la maladie, mais il y a la vie...comme il y a la psychanalyse et la vie; même complémentaire, à un moment donné, il faut savoir prendre de la distance...
Avec les outils et les diverses thérapeutiques actuels, et malgré les moyens resserrés sur le plan socio-économique, les patients chroniques vivent mieux, et il est préférable de faire un voyage entre les crises que pendant; aussi,les voyages pathologiques sont en régression, grâce aux avancées multiples et notamment chimiothérapiques(dès lors qu on en respecte l ordonnance!)
En ai-je entendu des parents affolés parce que leur enfant voulait partir pour vivre un peu...il suffisait de faire une bonne synthèse de la situation, et tâcher de lui faire confiance en le laissant partir...
Où étiez-vous passé?, demandai-je à un patient qui avait raté plusieurs rendez-vous...
j'ai traîné dans les campagnes, j'ai mangé des pommes vertes à en chopé des coliques plombantes! mais Bon Dieu, cette impression de respirer...vous voyez?
Oui, je vois: la vie, d'abord...
Publié le 12/10/2009 à 17:27 par psychopitre
A mal à sa gamme...de symptômes: oui, du Lacanien tiré par les neurones spécialisés!
En psychiatrie, pourtant, les amalgames ne manquent pas; c'est sans doute pour quoi on a inventé une nosographie de plus plus précise et affinée.
Il y a le patient et son environnement familial et social; on ne peut entreprendre une prise en charge sans un travail collectif; c'est pour le moins souhaitable...un travail de pédagogie et de dédramatisation avec l'aide de la famille; quand elle n'existe pas ,on fait avec, si j'ose dire! et parfois, c'est mieux!!
Pour tout parent, il n'est pas évident d'avoir un enfant qui souffre de maladie mentale; tout dépend précisément de ce qu'ils veulent ou peuvent entendre...
J'ai toujours eu la chance de travailler avec une population dont le milieu social aisé donne -en prinipe- accès à la parole vraie, en principe; car c'est compter sans les blocages éducationnels et religieux;
C'est ainsi qu'une mère qui me répétait pour la troisième fois, qu'il " était paresseux".madame ne pouvait pas entendre que son fils était psychotique; dur en effet; il faut faire preuve de patience face à ces maladies graves dites chroniques, mais qui, pratiquées sans langue de bois ouvre tout espoir, surtout de nos jours, où la recherche des molécules a fait des bonds gigantesques, permettant une pensée libre, et donc l'accès à la psychothérapie..
Lorsque ce jour-là, les deux parents me demandèrent de leur dire "la vérité" je leur ai dite, avec les circonvolutions d'usage...
Après un long temps de silence, madame a murmuré à travers ses larmes: " je préfèrerais qu'il soit homosexuel".
Amalgame, chère madame; et homophobie, sans doute inconsciente(...)
Et dire qu'il y a eu (qu'il y a ?)des psychiatres qui ont eux aussi pensé que l'homosexualié était une maladie...
"Comment peux-tu dire une chose pareille? dit monsieur à son épouse, sans hausser le ton et en me fixant... tout espoir n'était pas perdu...
A l'âge de pierre, a dit le ministre...pourtant, pierre qui roule amasse plein de bonnes choses dans le domaine du psychique...
Publié le 09/10/2009 à 10:16 par psychopitre
Tandis que je m'apprêtais à sortir, un ticket resto à la main pour aller acheter, entre deux entretiens, ma petite pitance journalière, je suis intercepté par un patient (mon préféré, eh oui, c'est humain!!) qui m'invite à déjeuner au refectoire avec eux; mon couvert est mis à côté du sien...
Moi qui me contente souvent d'un sandwich, je vais devoir déroger à ce régime et faire preuve de psychologie(sic) élémentaire et de diplomatie, pour ne vexer personne, je prendrai donc l'entrée à une table, le plat à une seconde, le dessert à une troisième et le café...au petit salon avec tous!
"Vous voyez, mon cerveau est comme ce pâté; plein d'entrelacs gras qui obstruent la pensée, et l'estomac en l'occurence! voilà pourquoi j'apprécie particulièrement ce patient; pour son humour: arme imparable contre le désespoir...
Passons au plat
Du boudin purée! ça me va parfaitement, me dit cette jeune patiente quelque peu ...enrobée; un boudin dans la purée!
Le dessert, yaourt mamie nova;
Le mien est nature, le vôtre est aux fraises; ça tombe bien: vous qui la ramenez tout le temps!! m'apostrophe un patient qui m'apprécie guère!
c'est au café que s'anime la conversation, et, fait prévisible, je suis au coeur du sujet;( cabotin, que je suis!) d'un côté, mes inconditionnels, de l'autre, mes détracteurs!
Mini groupe de paroles où il est toujours reproché aux soignants d'être "en bonne santé", ce à quoi j'ai toujours répondu que personne n'en savait rien, car on n'est pas sensé raconter sa vie, sans pour autant pratiquer la langue de bois...des déjeuners de "travail" intéressants, mais je crois que je vais tout de même prendre un gel de polysilane; je vais avoir une digestion difficile!
Voyez-vous, mes chers amis, si je suis de l'autre côté de la barrière, c'est que j'ai pu délayer, non sans mal, ma purée, pour tâcher d'en faire fondre les grumeaux...
Publié le 06/10/2009 à 10:39 par psychopitre
Qu'est-ce que la névrose?
Une maladie mentale avec altération de la personnalité, connaissance des symptômes de la part du sujet,( enfermement, répétition de l'échec,) et incapacité de les dépasser sans aide.
Une définition vulgarisée: la névrose c'est en effet plus compliqué, tant les facteurs en cause sont multiples, et plus ou moins dévastateurs, inhérents à la gravité des symptômes; les névroses comportent de nombreuses formes cliniques dont certaines sont gravissimes...
Le fameux dicton populaire dit que tout le monde est névrosé: que non point! au moins, chacun a des prédispositions puisqu'il faut souligner que le premier creuset névrogène est bien la famille;
Tout dépend des structures psychiques de chacun; et un enfant non désiré peut parfaitement s'en sortir sans (trop) de dégâts...
Sans doute mieux vaut vivre avec des carences affectives majeures qu'avec le rejet des parents au fond du coeur; il y a tout à construire, mais là encore... chaque enfant se repère avec ses moyens personnels...enfin, si papa et maman vous aiment, c'est tout de même mieux!
Un enfant de la DASS compensera dans la réussite sociale, un enfant unique surprotègé fera plaisir aux parents...
Deux appréciations;
1. Je suis un pauvre type, c'est donc inutile que j'essaie...
2. Je suis un pauvre type, mais je ne suis pas plus bête qu'un autre;
Ce discours peut être le résultat de quelques(...) années de prise en charge psychothérapique;
Le point de départ est bien de prendre conscience de ses symptômes, si on le peut ou le veut...
Trop de complaisance pour ne pas souffrir davantage fait perdre un temps considérable dans bien des cas; mais certaines personnes ne veulent pas gratter là où ça démange,; on peut le respecter...les êtres trop fragiles envahis par une sensibilité exacerbée proche du manque de maturation psychique, ne peuvent pas toujours consulter, redoutant des passages à l'acte en découvrant des "horreurs"...
On bloque, on répète les échecs, on s'enferme dans ses convictions auto-dépréciatives, et le temps passe...
La cinquantaine est arrivée, on a vécu avec des certitudes de défense, des addictions de tous ordres, on s'est cogné dans la pierre, battu dans le vent...au final: des regrets, des regrets...alors, heureux les simples d'esprit? à voir...
La névrose existe, je l'ai rencontrée...avec elle, la vie...
Publié le 30/09/2009 à 15:04 par psychopitre
"L'intelligence est le seul outil qui permet de mesurer l'étendue de son malheur."..(Pierre Desproges) Oui je l'avoue, je connais mieux mon Desproges que mon Freud!!
Une femme brillante, elle aurait voulu faire des études supérieures, elle en avait les moyens; hélas...elle n'était pas une enfant désirée...au sein d'une grande bourgeoisie de province, père officier, mère issue de fin d'aristocratie, catholiques pratiquants...à Saint Nicolas du Chardonnet...elle même ayant épousé un officier" un homme que je n'ai jamais aimé, mais il fallait bien faire une fin(...)
Au premier entretien, où elle venait me demander le nom de la maladie de son fils, la schizophrènie, dont elle connaissait jusqu'à l'historique..,ce fils de 24ans, 3e de six enfants,"conçus -je cite- dans le noir et sans plaisir, fin de citation; elle me déclara que sa mère "était folle"...
Ecoutons-la: Mon frère, grand trafiquant de ...tout(sic) sort de prison, que ma mère a nommée "sanatorium!
Il y a des années, à un déjeuner dominical en famille, elle hurla sur un ton très théâtral, en me désignant du doigt, que son mari l'avait violée pour lui faire ça...ça c'est moi, cher monsieur! qu'en pensez-vous? me demanda-t-elle...tandis que je cherchai rapidement à répondre quelque chose, je décelai un petit sourire imperceptible qui prétendait avec évidence me mettre au défi de lui faire une réponse satisfaisante: ce sourire me traduisait par expérience un plaisir malsain, appelé aussi perversité...
Cette femme, malheureuse, intelligente, qui a cherché toute sa vie en vain, à se faire aimer de sa mère, jusqu'à l'avilissement (classique) a commué sa souffrance en défense perverse; ce qui l'a rendait rapidement antipathique, et qui ne manquait pas de susciter un transfert négatif de la part des thérapeutes successifs...
Une perversité travaillée finement, un mécanisme automatique (mais pas si inconscient !) et qui cherchait toujours à prendre l'adversaire à défaut; opérer par stratégie: jouer carte sur table; trouver la faille: si elle pleure une fois; j'ai gagné! oui! j'ai réussi mais je l'ai payé de son mépris au travers d'un discours subtil; un travail usant mais pourtant enrichissant..car elle est revenue souvent en faisant preuve de plus d'authenticité...les larmes aux yeux...
.N'empêche, quel métier de masos!