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Qui cache son fou, meurt sans joie... Henri Michaud

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je profite de mon passage pour vous signaler que si vous voulez j'ai un blog ou vous pouvez trouver toute la m...
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Par daddy, le 20.11.2009

si vous êtes intéressé nous avons un forum de création en tout genre et en toute simplicité, nous vous inviton...
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Par sara, le 20.11.2009

la densité n'est pas ce qui apparait le plus dans cette société; je parlerai plutot de superficialit et de p...
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Par tendresseoubliee, le 20.11.2009

ne généralisons pas, le cinéma français des annees 1920 à 1950 nous a laissé de véritables pépites meme si mai...
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Par tendresseoubliee, le 18.11.2009

bonjour, pouvez me dire ce que vous pensez de mes deux posts" blogaddict" et "mon psychiatre" merçi ça serait....
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Par tendresseoubliee, le 18.11.2009

le prince charmant , on peut le trouver ... même après 44 ans . je le sais j'ai trouvé le mien et l'ai épousé ...
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Par louisette12, le 10.11.2009

parfois le meilleur des soins est juste un geste humain ; tenir une main , caresser une joue , bercer quelqu'u...
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Par louisette12, le 10.11.2009

et moi donc liremon blog psychopitre ( celui avec le clown) sous titre celui qui cache son fou meurt sans joie...
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Par Alain+Girard, le 10.11.2009

rebonjour; hotel du nord.il se trouve que j'ai travaillé toute ma vie en psychiatriehtt p://tendresseo ubliee....
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Par tendresseoubliee, le 10.11.2009

bon vomi et bon transit ! j'ai le même humour que vous et les mêmes collègues aussi....
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Par danielle Mélès, le 20.10.2009

comme je le comprends d'avoir trainé dans la campagne, d'avoir mangé des pommes vertes (j'en aurai mangé qu'un...
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Par ?, le 13.10.2009

déformation de propos ???? non je ne fais que lire . mais non vous n'avez pas à vous justifier.... du moins pa...
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Par mino, le 11.10.2009

bonjour j'app récie les commentaires lorqu'on ne déforme pas mes propos: j'ai toujours respecté mes patients ...
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Par Alain, le 11.10.2009

bonjour vous êtes bien difficile à cerner ... respect ou irrespect ... un boudin dans la purée ? je ne sais t...
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Par Mino, le 10.10.2009

ouais c'est nul à chier les codes sociaux !...
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Par Keving, le 09.10.2009

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Date de création : 26.07.2008
Dernière mise à jour : 20.11.2009
168 articles


T'es fou, tu vas en baver...

Publié le 20/11/2009 à 19:14 par psychopitre
En ai-je reçu de ces visages tordus par l'angoisse, par l'incompréhension de ce qu'ils ressentent...

En face, je me suis toujours efforcé de proposer une écoute disponible; rassurer, dédramatiser; toujours ...
Bien malin est celui qui peut dire ce que vit un être en pleine déréalité, convaincu, souvent jusqu'à la persécution, de ce qu'il raconte, avec tout au fond de lui, une part consciente, qui exacerbe l'angoisse; parfois si forte, qu' il nous faut glisser un de ces petits cachets qui lève l'inhibition, qui permet au patient de nous faire part plus calmement, de sa réalité si différente de la nôtre à ce moment précis...
Je reste persuadé que l'être qui débite un discours issu de son cerveau souffrant, de cette logique qui n'appartient qu'à lui, sait confusément, au plus fort de la crise, qu'il est "fou"...
Beaucoup de patients m'ont parlé de leur folie en prononçant le mot, sciemment...

Notre rôle est d'expliquer, de dédramatiser (mon maître mot) sans pour autant banaliser...

"Je suis fou, je n'ai pas fini d'en baver", me disait un jour, ce patient qui m'a appelé son psychopitre; mais il a préféré connaître sa pathologie, la nommer cliniquement...j'ai toujours préféré cette démarche!

La notion de folie pathologique existe, certes, mais n'est pas suffisamment explicitée: encore trop de manque de pédagogie dans les médias, ne serait-ce que pour qu'elle cesse de faire peur; être fou, c'est surtout délirer...or, nous avons aujourd'hui les moyens de cicatriser les bouffées délirantes, à la condition bien connue que le patient coopère, en suivant par exemple un traitement de plus en plus efficace...

Pour le reste, on est tous fous, non?
Non, pas assez...pas assez d'une vie pour çà...


Vieille folle, va!

Publié le 18/11/2009 à 16:43 par psychopitre
Non, ce n'est pas une réplique du génial Alain Delon (c'est lui qui le dit!) rendant une visite sur la tombe de Jean-Claude Brialy, celui-là même que Thierry Le Luron appelait " la mère Lachaise'!

C'est une charmante patiente que j'ai suivi pendant une quizaine d'années...brillante intellectuelle, formidablement cultivée, elle avait été une des conservatrices de la BN (Bibliothèque nationale) pendant une vingtaine d'années; avec hélas, de périodes d'interruption plus ou moins longues; titulaire en arrêt de travail...

Car elle souffrait d'une psychose maniaco-dépressive, qu'on appelle aujourd'hui troubles bi-polaires, même si l'on doit toujours nuancer, nonobsant l'évolution de la nosographie psychiatrique.
Elle m'avait élu d'un seul coup d'oeil dans le couloir pour son premier entretien" c'est vous que je veux(sic) je vois un don artistique dans votre regard!"
A chaque entretien, je voyais si elle prenait scrupuleusement son traitement; lorsque je lui faisais la remarque, elle me récitait un ver de Victor Hugo ou de Baudelaire!:

Elle présentait hélas, plus souvent des accès de déprime mélancoliforme, même si les phases maniaques ne sont pas plus faciles à supporter; c'est la (bonne) humeur qui change...
Après de nombreuses hospitalisations, elle se décida à suivre son traitement sérieusement, ce qui nous permis d'avoir des entretiens réguliers, toujours riches et constructifs:

Une patiente délicieuse; très malheureuse parce que (trop) lucide; raison pour laquelle elle se mit à boire;

Elle arrivait en titubant, me souriait dans ses larmes" ne m'engueulez pas, hein, sinon je vous récite du Proust!!
et puis, un jour elle ne sortit pratiquement plus, juste pour "acheter mes munitions au franprix d'en bas"...

J'allai la voir souvent...elle était demoiselle" une vraie" me disait -elle, sans rire! "les hommes sont des animaux trop fragiles, je n'y ai jamais touché: je les aurais cassés!!
Un de mes meilleurs souvenirs..."le matin quand je croise mon regard dans la glace, je me tire la langue et me traite de vieille folle...je peux vous le dire à vous, parce que je vous aime bien...et pour que je dise cela à un homme, çà doit être vrai! tiens, ça s'arrose!!
Qu'est-elle devenue? elle doit bien avoir quatre vingt cinq ans aujourd'hui...si elle n'a pas encore connu quelque délivrance...

Un jeune premier.

Publié le 15/11/2009 à 12:06 par psychopitre
Il avait vingt trois ans quand il est arrivé au CMP pour la première fois; un physique de jeune premier, grand, yeux gris -vert, mince ; il a toujours voulu être comédien; il est entré au cours Florent à seize ans...

Ses professeurs lui disaient qu'il était très doué; sans doute vrai; promu aux rôles romantiques en raison de son physique avantageux:
A moi, Lorenzzacio, Neuvilette, Julien Sorel...encore qu'il eut toujours une préférence pour les personnages plus complexes, plus torturés voire monstrueux; alors,

Qu'un jour qu'il travaillait une scène de Calligula, son préféré ( la scène du miroir...) il se déshabilla brusquement, et passa à travers,(...) insultant l' image qu'il voyait...

Première bouffée délirante qui le conduisit loin des scènes de théâtre, dans une chambre d'un hôpital psychiatrique...et il y eu d'autres hospitalisations;

Comédien: métier séduisant et dangereux qui attire de plus en plus de jeunes futurs...chômeurs!...On sait que pour interpréter un rôle, il faut être schizoïde...oïde pas ophrène...tous ceux qui ont franchi la ligne, et des celèbres, ont eu de sérieux passages à vides et subi quelques traitements réitérés...
Six ans plus tard, notre séducteur a grossi, (les psychothropes) et son "emploi" est distribué depuis longtemps par un professeur...de psychiatrie: psychose de l'enfance avec déficit...
Il fait de l'art thérapie (dessin , peinture, sculpture) ; on a évité soigneusement l'atelier théâtre; il ne l'a d'ailleurs jamais sollicité...

Le destin fracasse parfois les passions...et toute passion est bien souvent destructrice...c'est quelque fois très cher payé...

Huis clos...

Publié le 12/11/2009 à 20:32 par psychopitre
J'ai été belle: vous ne croyez pas? tenez regardez;
Et de me mettre sous le nez une photo d'une jeune femme, en effet, belle, très: deux yeux en amande à la couleur indéfinie entre le jaune et le vert...de longues boucles brunes; taille fine, un sourire éclatant.
Une photo pour magazine...

Ces traitements que vous me forcez à subir...des pilules de toutes les couleurs, les électrochocs,
oh je sais bien, c'est la faute à personne...

Moi je voulais vivre, juste vivre un peu, comme vous...j'ai 50 ans, j'en fais dix de plus; j'ai des douleurs partout, je ne peux plus me regarder dans une glace...

Et pourtant, j'ai de la chance; j'ai encore mes parents; m'ont jamais laissée tomber; et un vieux pote qui vient me voir de temps en temps; il ne travaille pas, il picole pas mal, mais il n'est pas violent; oui j'ai de la chance!

Je sais que vous comprenez ce que ça veut dire quand je vous parle de chance; trop de gens qui ont connu la psychiatrie sont seuls, si seuls...

Je ne peux plus les aider, je ne veux plus...et puis je ne veux plus me montrer...sept hospitalisations en huit ans...
chaque fois que j'arrête mon traitement, au bout d'un mois, la panique me reprend et je saute dans le premier train...j'habite à deux pas de la gare du Nord!!
Heureusement que vous n'habitez pas à côté de Roissy!!
Reprenez votre traitement et aussi votre miroir...commencez par la vitrine des magasins...votre reflet me renvoie beaucoup de confiance...
elle sourit; d'un seul coup, je vois vraiment qu'elle a été belle...
Tous les entretiens ne se passent toujours comme ça...



J'ai entendu des voix...

Publié le 08/11/2009 à 10:31 par psychopitre
Tout au long de ces nombreuses années passées au côté de la souffrance psychique, des voix m'ont dit...
dans le huis clos d'un bureau, au bas d'un escalier, sur le trottoir où l'on tire une bouffée d'air et de nicotine, des voix humaines...
Des voix qui m'ont raconté des choses...toutes sortes de choses les plus rocambolesques, une déréalité ou une vérité issues de la souffrance; toujours ce mot qui m'obsède et qui symbolise le mieux la maladie mentale: l'enfer...

Des choses incroyables, impudiques, brutes, monstrueuses, sur le mode de la confidence avec la demande insistante d'une réponse; comme un ordre...
J'ai vu des visages tordus par la douleur, des yeux écarquillés par la peur, la panique, devant l'incompréhension et l'injustice du mal....

Des corps abîmés par la tension paralysante de la douleur psychique permanente: car, après la crise, le doute demeure, même s'il permet heureusement l'accès à la parole...
Des corps recroquevillés en plein coeur du récit, et que j'allongeaient sur le petit divan réservé à cet effet, une voix étouffée au dessus de ce corps, auprès de laquelle je me suis penché pour mieux recueillir le secret de la douleur, de tâcher de lui donner un nom pour mieux l'apaiser...

j'ai entendu ces voix, les ai écoutées avec une grande attention professionnelle et personnelle... et, toujours, sans jamais se relâcher, ma propre voix s'est voulue rassurante, dédramatisante, face aux mystères du cerveau humain...le nôtre.


Des sanglots longs...

Publié le 05/11/2009 à 16:19 par psychopitre
...Et ceux-là ne bercent aucun coeur;
Dans le cadre des urgences en ambulatoire, nous sommes amenés à recevoir un quota de patients de tous les hôpitaux...et il est rare que je sois destabilisé par un cas, quel qu'il soit...mais,

Pas ce jour-là; où une femme encore jeune (la quarantaine) d'origine Tchéchène, ayant fui son pays en pleine guerre par on ne sait quels moyens (certainement pas des plus simples)...arrive au centre en ambulance.

Tous les psys étant occupés, c'est à moi qu'elle échoit...il fallait qu'elle parle d'urgence à quelqu'un, avait prévenu par téléphone l'interne de garde de l'hôpital où elle fut amenée par la police, perdue dans Paris....

Il fallait surtout qu'elle pleure devant quelqu'un, de préférence spécialiste...et quels sanglots...
Après avoir vu son mari torturé sous ses yeux, ses enfants tués, elle fut violée plusieurs fois par les mercenaires...
Impossible d'arrêter les sanglots qui la secouaient au point de l'étouffer, j'ai dû l'allonger par terre, la dégraffer,

Alors qu'elle n'articulait que quelques mots de français, ne sachant comment la calmer, je la pris dans mes bras et la berçai longuement, tout contre moi; un acte tendre qu'elle avait oublié... après d'interminables minutes, elle se calma un peu, me regarda de ses yeux apeurés, et m'embrassa...quel sursaut de vie: embrasser un homme après...ça...il s'agissait d un réflexe naturel de confiance, un mot également perdu pour elle...
La première et seule fois de ma carrière que je fus aussi troublé, et me demandai comment on se sort d un tel traumatisme...l'être humain a des ressources insoupçonnables, y compris dans l'horreur...

Pour tenir et pouvoir continuer, il faut se dire égoîstement qu'on n'a jamais vécu de telles horreurs...et surtout, puissions-nous ne jamais les vivre...
Oh, ce n'est certainement pas suffisant pour se réconcilier avec le genre humain...et pourtant...

Mais il est fou!...

Publié le 03/11/2009 à 09:54 par psychopitre
Certains soirs, en consultations de psychiatrie publique, l'ambiance est un peu celle de la cour des miracles...

Le miracle, précisément, est de parvenir à maintenir le bon déroulement de la salle d'attente, surtout quand elle est pleine et que le psychiatre de garde a beaucoup de retard!
Ce soir-là, tout avait mal commencé; la grande Lise, patiente bien connue du service, voulait voir son psy qui était parti...elle est en proie à ses voix et s'est barbouillée de crème nivéa (la seule qui la protège de ce qu'elle nomme "ses meilleurs ennemis"; elle a toujours des formules bien à elle...dans le coin, deux jeunes patients en urgence externe s'impatientent (ce qui est le rôle des patients!) un autre, ivre, tape dans les chaises...

Comme toujours dans ces moments d'orage en préparation, je me pointe avec mon plateau de rafraîchissements, comme une ancienne ouvreuse avec sa corbeille d'esquimaux!

Et le psy qui n'arrive toujours pas...les embouteillages? ok, mais ils sont aussi dans la salle d'attente!
C'est dans cette joyeuse ambiance que choisit mon plus grand mystique de débouler en trombe...il s'agenouille au milieu de la pièce, et commence une prière à haute voix...
Un instant interloqués, les autres s'agitent; ce qui m'oblige à extirper mon croyant des griffes des mécréants...
Alors, la grande Lise me regarde et dit calmement "mais il est fou"!! si c'est pas du bon sens, ça!
C'est le caractère drolatique qui émane de la souffrance psychique, des êtres que le cerveau a trahit; un combat qui est loin d'être terminé...




Gérer la crise.

Publié le 25/10/2009 à 10:07 par psychopitre
Chaque arrondissement de Paris ou presque( on resserre, économie oblige) a un CMP avec des consultations gratuites; en raison de la situation socio-économique, les patients sont moins hospitailsés, et la crise se gère de plus en plus en ambulatoire; lieu peu habilité pour cela, en raison du nombre de consultations multiples, et du manque de place pour isoler les gens en état de crise aigue. En psychiatrie, nous sommes confrontés à plusieurs formes de crises, dont certaines sont imprévisibles, comme la crise dite "clastique", où en une seconde, vous prenez le téléphone dans la tronche, ou le bureau sur les pieds, sans l'avoir vu venir!

Ce jeune patient, toxicomane, caractériel et manipulateur(association de symptômes pléonastiques!) arrive à l'ouverture, entraînant dans son sillage un jeune psychotique très vulnérable, admirateur sans borne de son nouvel ami 'caîd"; ils ont passé la nuit à sniffer, leurs pupilles dilatées en témoignent; notre bonhomme commence à agresser verbalement une patiente en salle d'attente, cherchant visiblement le conflit...et le ton monte...

En psychiatrie, la gestion de la crise nécessite un consensus de réponses adaptées; or, il suffit d'un seul membre qui dérape pour provoquer le clash; ce que le bonhomme espère, d"ailleurs!
Le patient réclame des anxiolitiques immédiatement, sinon, il"pète la porte vitrée"; aucun des psychiatres sont encore là; nous sommes deux à encadrer le patient, et lui proposons d'entrer dans un bureau...
Il commence à hurler des insultes classiques saupoudrées d'un vocabulaire fleuri...
Règle numéro un: ne pas montrer que l'on a peur...prévoir le passage à l'acte, mieux: tout faire pour l'éviter;
question d'expérience, de stratégie et d'un peu de psychologie(sic)! ça ne marche pas à tous les coups!

Entendant des éclats de voix, la cadre de santé(anciennement nommée surveillante!) sort de son bureau...une charmante femme au demeurant, qui "a fait l'école des cadres" donc compétente(...) de l'expérience, surtout dans la gestion des navettes des congés du personnel!...
"Monsieur, je vous ordonne de vous arrêtez, où vous croyez-vous?
La réponse est évidente: chez les dingues, connasse!! et de la pousser en arrière; le clou n'est pas assez solide pour maintenir le cadre que je récupère de justesse dans mes bras (geste purement professionnel et en situation) pendant que notre bonhomme donne de violents coups de pieds dans la porte, soulève une chaise et la balance dans la vitre qui éclate en mille morceaux:

Je souffle à la dame de rentrer dans son bureau et d'en profiter pour appeler la police; tandis que la psychiatre du patient arrive, je le reçois avec elle, son passage à l'acte l'ayant un peu calmé...il l'aura son anxyolitique, en piqûre, juste avant d'être hospitalisé par la police.
Le management est de plus en plus anxiogène, et l'incompétence, ce n'est pas nouveau; c'est toujours dommageable, particulièrment dans un univers spécialisé...
Sans l' intervention malheureuse de la grande chef, aurait-on pu éviter le clash? possible, ça partait bien! j'ai conseillé à la dame d'aller vendre de la lingerie aux Galeries Lafayette; elle qui est toujours si élégante...
Pas facile de gérer la crise, tous ceux qui travaillent dans l'univers concentrationnaire le savent bien; n'empêche, c'est un métier...

Le prince charmant.

Publié le 23/10/2009 à 15:18 par psychopitre
"Quand j'étais petite, jamais personne m'a raconté une histoire avant de m'endomir comme toutes les petites filles; j'ai toujours connu ma mère couchée; toujours malade, mon père est parti, j'avais deux ans; c'est ma grand-mère maternelle qui m'a élevée, elle ne m'aimait pas beaucoup...qu'est-ce que t'as été pondre ça, qu'elle disait à ma mère, sa fille unique..;

Alors moi, je m'en suis raconté toute seule des histoires, des tas; plus belles, plus magiques, je n'ai jamais manqué d'imagination: ça m'a joué de sacrés tours!

A Noêl, je n'avais jamais de jouets; je me souviens, je restais assise sous le sapin, à regarder les boules briller, et je l'attendais...mon jouet! je sais que ça ressemble à un mauvais roman ma vie, c'est pourtant la vérité...oh je ne me plains pas; mais je me suis offert de sacrées désillusions! des princes charmants, j'en ai rencontré des dizaines...dès l'âge de quinze ans; ma grand-mère me traitait de traînée; et elle était contente de faire pleurer ma mère;...chouette ambiance, hein?
Ah ça, tous plus beaux à chaque fois, et tous plus tordus, les lascars!; immatures, capricieux... un toxico, un alcoolo, un psychopathe violent...faut dire que je n'étais pas mal!...et à chaque fois bien entendu "folle amoureuse"; c'est quand j'ai pris ma première paire de claques par un homme, que me suis décidée à consulter...et en même temps, j'ai fait ma première tentative de suicide...
Je ne me suis jamais prostituée, mais je me sens si proche de ces femmes-là...j'ai eu ma période alcool dans un bistrot à filles, je les comprenais si bien...

Combien de temps qu'on se connaît? dix ans, pas loin...je me souviens de votre première phrase;" je vous fais confiance; vous parviendrez un jour à vous positionner face à l'autre sexe, pour vous faire enfin respecter"...merci encore : cette phrase ne m'a jamais quittée...au moins aujourd'hui, je crois que je ME respecte, c'est déjà pas si mal...et puis vous savez, je l'aime bien cette petite fille qui croyait au prince charmant, elle a aujourd'hui quarante quatre ans, elle préfère encore voir descendre le prince du carrosse qu'une citrouille...la citrouille, je sais bien qui c'est...!
Ainsi me parlait une patiente fine, sensible, touchante, que je pense avoir aidée, en tous cas, avec plaisir...je la revois de temps en temps; elle a toujours ce sourire figé, avec une petite bruine au fond des yeux...

Apprendre à "lâcher"

Publié le 21/10/2009 à 09:59 par psychopitre
La parole est féminine, et c'est encore les femmes qui consultent le plus en psy; même si la tendance s'inverse un peu avec la génération des trentenaires...
Ce matin-là, dès l'ouverture du CMP, un homme, la cinquantaine fatiguée, élégant, faciès marqué, serviette en cuir, gant de peau, piaffe d'impatience dans la salle d'attente; iil n'a pas rendez-vous. alors que je viens chercher mon patient, monsieur passe devant moi et entre dans le bureau...
"Je suis très pressé, j'en ai pour cinq minutes"
Je ne crois pas, monsieur; toute personne qui arrive dans ce lieu pour la première fois, en a environ pour une heure...
"Je viens pour faire plaisir(sic) à mon médecin généraliste; malgré tous les examens, il ne trouve rien, il prétend que j'ai besoin d'un soutien psychologique...admettons; mais que pouvez-vous m'apprendre que je ne sache déjà?!
ça commence très mal: monsieur est debout sautant sur un pied, tendu à l'extrème, et devant mon silence, me hurle; Alors?!
Alors, vous n'avez pas rendez-vous, mais vous pouvez tout de même vous asseoir, vous pouvez ôter votre imper, poser votre serviette, et vous pouvez aussi...pleurer!!
Merde, pas très thérapeutique, ça mon vieux, me dis-je in petto!
Quoi? hurle à nouveau cet homme dépassé...et d'éclater en sanglots; des hoquets de douleurs refoulées depuis des années et des années..
Puis, se calme:
Je ne comprends pas; j"ai juste un petit problème avec l'alcool...une addiction pour tenir...
Les mots justes...(c'est mieux!) et ensuite?
Oh, les soucis de tout le monde: ma femme est morte d'un cancer il y a un an, ma fille a fait une tentative de suicide il y a un mois, et mon fils est parti s'installer en province, il est au chômage... je suis chef d'entreprise, débordé...débordé...tellement de boulot!
En effet, monsieur, le mot juste!...débordé...
J'ai tendance à boire un peu plus en ce moment...
Ingénieur agronome, sensible, intelligent; dans une extension éducationnelle du "tout va bien": j'ai réussi, je gagne très bien ma vie, et dirige une équipe qui me fait confiance...
Ce qui compte, c'est que vous êtes là...si vous permettez, je vais très humblement vous apprendre à "lâcher"...
Silence..."
Je vois"..;vous savez , je n'ai jamais trompé ma femme...
Bon début, cher monsieur, mais peut mieux faire! un rendez-vous?

Neuf mois, deux fois par semaine; une gestation qui déborde, il était temps de "lâcher"...il a même accepté de payer un psychanalyste...payer, c'est à moitié guérir, air connu!!


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